La RSE, nouvelle priorité stratégique des administratrices et administrateurs ? - Baromètre IFA ORSE PwC

Publié le 22/03/2022

Baromètre de l’IFA, de l’ORSE et de PwC France et Maghreb

1ère édition – Mars 2022

 

L’Institut français des administrateurs (IFA), l’Observatoire de la responsabilité sociétale des entreprises (ORSE) et le cabinet de conseil et d’audit PwC France et Maghreb présentent la 1ère édition de leur baromètre consacré à la prise en compte des enjeux de responsabilité sociétale des entreprises (RSE) par les conseils d’administration. Initié par les organisations syndicales membres de l’ORSE - CFDT, CFE-CGC et CGT - ce baromètre a pour objectif de mesurer le degré de maturité des administratrices et administrateurs sur les enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) et sentir le niveau d’ambition et d’appropriation dont ils font preuve.

Cette étude a été réalisée en partant du constat que la RSE fait l’objet d’une attention croissante au sein du monde des affaires et des instances dirigeantes. En 2019, la modification de l’article L.225-35 du Code de commerce a renforcé le rôle du conseil d’administration à cet égard en précisant que « le conseil d’administration détermine les orientations de l’activité de la société conformément à son intérêt social et en prenant en considération ses enjeux sociaux et environnementaux et veille à leur mise en œuvre ». Cette mention précise ainsi que tout dirigeant devrait s’interroger sur ces enjeux et les considérer avec attention, dans l’intérêt de la société, à l’occasion de ses décisions de gestion.

Les résultats obtenus proviennent des réponses de 200 membres de conseils à un questionnaire administré aux dirigeants de sociétés françaises membres de l’IFA, ainsi qu’aux administrateurs représentant les salariés (ARS) et administrateurs représentant les salariés actionnaires (ARSA) membres des organisations syndicales adhérentes de l’ORSE.

 

Si la RSE fait partie des préoccupations et des discussions des conseils, le temps accordé est jugé insuffisant par 54,5 % des administratrices et administrateurs, il ne permet donc pas de prendre en considération ces enjeux dans le processus de décision.

 la raison d’être : 45,6 % des administratrices et administrateurs dont la société a adopté une raison d’être révèlent qu’elle n’est qu’occasionnellement voire jamais considérée comme facteur éclairant une prise de décision du conseil.

 le climat : dans 63,9 % des cas, les enjeux climatiques ne sont évoqués qu'occasionnellement, voire jamais, comme facteur de prise de décision par les membres du conseil .

 l’égalité femmes-hommes : 19,9 % des répondants affirme ne pas aborder les questions d’égalité professionnelle femmes-hommes en conseil d’administration.

 les impacts de l’activité de l’entreprise sur la biodiversité : seuls 27,2 % des administratrices et administrateurs déclarent que les enjeux liés à la biodiversité font l’objet de discussions en conseil.

 

Les enseignements de cette première édition du baromètre ont permis de formuler trois recommandations à destination des administratrices et administrateurs:

  1. Faire de la RSE une priorité dans l’ordre du jour de tous les conseils et aborder toute décision stratégique sous le prisme de la responsabilité sociétale. Plus de stratégie sans RSE.
  2. Former à 100% tous les membres des conseils à la RSE, une compétence incontournable pour une gouvernance d’entreprise durable.
  3. Nourrir la prise de décision des conseils d’un dialogue avec les parties prenantes et poursuivre une trajectoire ambitieuse en matière de RSE en lien soutenu avec les instances exécutives, une co-construction gagnante.